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mercredi, septembre 21, 2011

Est-ce que le Franc Suisse est surévalué?

Le plan contre le franc fort passe le cap du Parlement


Après la Chambre haute, la Chambre basse a accepté mercredi au plan du gouvernement pour lutter contre les effets du franc fort. Comme les sénateurs, les députés ont donné leur accord à ce plan de 870 millions de francs sans lui apporter de retouches.


Seuls l'Union démocratique du centre (droite conservatrice) et les Verts libéraux se sont opposés au programme, qu'ils ont qualifié de cadeau électoral plutôt que de plan de soutien à l'économie. Après avoir été tentés par un enterrement lors des travaux en commission, les autres bourgeois se sont ralliés au projet défendu par le ministre de l’Economie Johann Schneider-Ammann et la ministre des Finances Eveline Widmer-Schlumpf.

Les mesures doivent encore passer le cap des votations finales, le 30 septembre. L'argent pourra être libéré dès le lendemain. L'assurance chômage va se tailler la part du lion, avec un crédit maximal de 500 millions. Cette somme, qui ne sera peut-être pas utilisée, doit permettre de faire face à une éventuelle augmentation du recours au chômage partiel.

Le secteur de la technologie et de la recherche obtiendra une enveloppe de 212,5 millions. La Chambre du peuple a aussi soutenu les 46,5 millions prévus pour le trafic régional de voyageurs et le
trafic de marchandises transalpin.

Les produits agricoles transformés recevront un coup de pouce de 10 millions pour promouvoir les exportations.


Pas de baisse de la TVA

Pour le tourisme, un prêt de 100 millions ira à la Société suisse de crédit hôtelier en vue de soutenir des projets novateurs. Dans ce cas aussi, une tentative de torpillage a été déjouée.

Comme les sénateurs, les députés ont écarté en revanche l'idée de réduire la TVA. Tant les propositions réclamant un taux usuel à 7,5% (au lieu de 8%) ou un taux réduit de 2,5% pour l'hôtellerie, la restauration ou les remontées mécaniques ont fait long feu.

L'UDC aurait préféré accorder ce cadeau impliquant des pertes de plus de deux milliards de francs plutôt que les autres mesures ciblées. La majorité a cependant refusé toutes les propositions tendant à modifier le plan gouvernemental.

L'idée socialiste de constituer un fonds alimenté par 1,2 milliard de francs pour venir en aide aux entreprises d'exportation a été balayée. Une nouvelle tentative d'interdire le versement de salaires en euros a aussi échoué.

Pas question non plus de combattre la cherté des prix en Suisse par un durcissement accéléré de la loi sur les cartels ou des pouvoirs accrus au Surveillant des prix.


Autres programmes

Malgré l'opposition du gouvernement et de la gauche, la majorité a adopté une motion exigeant un nouveau programme de relance basé sur des réductions d'impôts pour les entreprises. Des projets visant à alléger la charge fiscale sont en cours, mais il ne faut pas conditionner la politique fiscale à la situation monétaire actuelle, a estimé en vain Eveline Widmer-Schlumpf.

Le gouvernement entend présenter un deuxième paquet de mesures de soutien à l'économie d'ici décembre. Ce programme d'impulsion ciblant la recherche, la promotion des exportations, la promotion de l'image de la Suisse et le tourisme n'excédera pas un milliard.

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vendredi, mai 27, 2011

La Suisse sortira du nucléaire!

La Suisse pourrait sortir du nucléaire d’ici 2034 - SwissInfo

33 ans après l'Appel de Genève du 2 Octobre 1978, la Suisse a décidée de sortir du nucléaire dans 33 ans!

Le gouvernement helvétique a décidé mercredi de débrancher les centrales atomiques dès qu'elles auront atteint 50 ans. Le parlement légiférera à ce propos en juin. Les réactions vont de l’enthousiasme total à la sévère condamnation.


Le gouvernement a donc opté pour un abandon progressif du nucléaire, dans un pays qui compte cinq centrales.

Le premier réacteur à être mis hors service devrait être Beznau I en 2019.Puis Beznau II et Mühleberg suivraient en 2022. La centrale de Gösgen serait fermée en 2029 et celle de Leibstadt en 2034.

Un bémol toutefois… Face à la presse, Doris Leuthard, la ministre de l'Environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, a précisé que les centrales seront exploitées tant que leur sécurité est assurée. Ainsi, il n'est pas exclu qu'un réacteur garantissant toute sécurité puisse être exploité pendant 60 ans, a dit la ministre.

De manière plus générale, la conseillère fédérale a expliqué ainsi la décision du gouvernement: «Jusqu’à présent, l’énergie nucléaire faisait partie de notre politique énergétique, car elle présentait deux avantages par rapport aux autres énergies. D’une part, elle était meilleur marché et, d’autre part, elle ne provoquait pas de dégagement de CO2. Mais après Fukushima, nous devons réfléchir à la question de savoir si nous voulons vivre, en Suisse, avec le risque résiduel lié aux centrales. Par ailleurs, l’évolution du marché montre que le nucléaire tend à devenir plus cher, tandis que les énergies renouvelables deviennent meilleur marché.»

La Confédération avait élaboré trois scénarios pour l'après-Fukushima: un maintien des installations existantes avec un éventuel remplacement des trois sites les plus anciens, le non-remplacement des centrales à la fin de leur période d'exploitation et un abandon plus rapide avec une mise hors service des centrales existantes avant la fin de leur période d'exploitation.

Comme attendu, le gouvernement a opté pour la 2e solution. Le choix du Conseil fédéral sert de recommandation pour le parlement, qui légiférera à partir du 8 juin sur le sujet. Une décision finale est attendue à la mi-juin.


Réactions

La décision du Conseil fédéral menace la sécurité de l'approvisionnement énergétique de la Suisse, dans la mesure où l'on ignore encore quand et par quoi l'énergie nucléaire pourra être remplacée. De plus, une hausse des prix pèserait considérablement sur la population, l'économie et l'emploi, selon economiesuisse, la Fédération des entreprises suisses, qui considère qu’il s’agit là d’une décision peu sérieuse, contradictoire et irresponsable.

Du côté de partis politiques, l'UDC (Union démocratique du Centre, droite conservatrice) juge la décision hâtive. Le gouvernement risque de pénaliser l'économie et les ménages à travers des prix de l'électricité nettement plus élevés et des impasses dans l'approvisionnement, indique le parti dans un communiqué.

Le PLR (Parti libéral-radical, droite) estime que l'arrêt à la fin de leur durée de vie des centrales nucléaires existantes est une bonne chose, mais critique en revanche la décision du Conseil fédéral de fermer à tout jamais la porte à de nouvelles technologies dans ce secteur. Il demande une votation populaire dans 10 ans.

Le PDC (parti démocrate-chrétien, centre) parle de décision «courageuse», la mettant avant tout sur le compte de «sa» ministre Doris Leuthard. Après la catastrophe de Fukushima, c'était la seule voie politique envisageable, selon lui.

Le Parti socialiste (PS) quant à lui salue la décision, mais estime toutefois que la durée de vie de 50 ans laissée au centrales est encore trop longue, en particulier pour celles de Mühleberg et Beznau I. Les Verts vont plus loin en exigeant une sortie immédiate de l'atome. Comme le souhaite la population, affirment-ils.


Stratégie énergétique

Le débranchement des centrales nucléaires coûtera cher. Selon le Conseil fédéral, la facture pour couvrir autrement les besoins électriques sera comprise entre 0,4 et 0,7% du produit intérieur brut (PIB), soit 2,2 à 3,8 milliards de francs.

Le consommateur risque de débourser 10% à 15% de plus pour son
courant, a précisé Pascal Previdoli, directeur suppléant de l'Office
fédéral de l'Energie. Mais la note finale dépendra de beaucoup de
facteurs. D'un autre côté, construire une nouvelle centrale nécessiterait 6
milliards d'investissements, a relevé Mme Leuthard.

Pour compenser la part du nucléaire, qui compose actuellement 39% du courant utilisée en Suisse, le Conseil fédéral a fixé une «stratégie énergétique 2050». La priorité va aux économies d'énergie et au développement de nouvelles sources de production d'électricité.

Une baisse de la consommation est inéluctable, a souligné Doris Leuthard. Le Conseil fédéral veut promouvoir une utilisation parcimonieuse de l'électricité. Il prévoit de renforcer les mesures d'efficacité énergétique avec des exigences minimales pour les appareils, les mécanismes de bonus-malus et les campagnes de sensibilisation de la population.

Côté élargissement de l'offre d'électricité, l'hydraulique et les nouvelles énergies renouvelables auront la priorité. Leur part dans le mix d'électricité doit être sensiblement développée, grâce notamment à la rétribution à prix coûtant du courant injecté.

Mais pour couvrir la demande, il faudra aussi développer la production à base de combustible fossile par le couplage chaleur-force et la construction de centrales à gaz à cycle combiné, selon Mme Leuthard.

Enfin, pas question de renoncer aux importations d'électricité: elles restent nécessaires temporairement pour garantir la sécurité de l'approvisionnement. Il ne sera pas possible d'exiger du courant uniquement non nucléaire, a admis la conseillère fédérale.


Ailleurs en Europe

En Europe, seule l'Allemagne envisage peut-être une sortie du nucléaire. La catastrophe de Fukushima n'a sinon pas fait changer de position les autres pays, malgré l'opposition de la rue qui se renforce.

Après la catastrophe de mars dernier, la chancelière Angela Merkel avait décidé la fermeture pendant trois mois, jusqu'à la mi-juin, des sept plus vieux réacteurs d'Allemagne. Elle avait aussi remis en cause l'allongement de 12 ans en moyenne de l'exploitation des 17 réacteurs nucléaires que sa majorité avait voté quelques mois plus tôt. Le gouvernement doit définir sa stratégie sur l'atome d'ici début juin, puis adopter un projet de loi.

Mais sinon, la plupart des pays européens restent inflexibles, à l'image de la France et de la Grande-Bretagne, les deux pays qui comptent le plus de réacteurs nucléaires en Europe. Le président français Nicolas Sarkozy l'a d'ailleurs répété plusieurs fois: pas question de sortir du nucléaire.

S'agissant des autres pays voisins de la Suisse, seule l'Autriche a abandonné l'énergie atomique, dès 1978.

La position de l'Italie est, elle, ambivalente. Rome a abandonné le nucléaire en 1987, après la catastrophe de Tchernobyl et un référendum par lequel 80% des Italiens se sont prononcés contre cette énergie. Une décision qui n'a jamais vraiment été remise en cause jusqu'en 2008 lorsque le gouvernement Berlusconi a annoncé son intention de construire 13 centrales de nouvelle génération d'ici 2020. Depuis l'accident de Fukushima, le débat est vif dans la Péninsule, mais le gouvernement campe sur sa position. Un référendum sur le sujet est prévu en juin.

Au niveau de l'UE, Bruxelles n'a guère de pouvoir: le choix du nucléaire est du ressort des Etats membres. L'UE a toutefois décidé de faire le grand ménage dans son parc nucléaire et de tester la résistance de ses réacteurs nucléaires à des événements extrêmes après le séisme et le tsunami au Japon. Mais la Commission européenne peine à mettre tout le monde d'accord s'agissant des critères.


swissinfo.ch et les agences

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mercredi, mai 18, 2011

Comment fonctionne notre cerveau?

Un cerveau artificiel pour comprendre le naturel - SwissInfo

Par Marc-André Miserez, swissinfo.ch, Lausanne


Construire un cerveau artificiel copié sur le vrai pour comprendre comment cette formidable machine fonctionne et dysfonctionne: c’est le défi du Human Brain Project, en lice pour un soutien européen d’un milliard d’euros. Visite guidée de ses labos de l’EPFL, aux portes de Lausanne.


«C’est une chance unique pour l’Europe de prendre le leadership dans la connaissance du cerveau», affirme Henry Markram. Pour convaincre, le professeur de l’EPFL doit aussi manier le langage des politiques. Car si son Human Brain Project (HBP) semble très bien parti pour décrocher l’année prochaine un titre de «flagship» européen (voir colonne de droite, ci-dessous), le milliard d’euros promis ne viendra pas entièrement de Bruxelles. Les pays hôtes des projets devront aussi y aller de leur contribution.

Et plus l’assise sera large, plus nombreuses seront les potentielles sources de financement. Dans ce domaine, avec déjà treize universités associées dans neuf pays, HBP met toutes les chances de son côté. D’autant que la liste reste ouverte, à l’Europe comme au monde. «Il se publie 60'000 articles scientifiques sur le cerveau chaque année», aime à rappeler Henry Markram. Au lieu de laisser ces articles dormir dans les bibliothèques, le HBP ambitionne de tous les intégrer, pour construire une machine proprement unique au monde.


Comment ça marche

A l’enseigne du projet Blue Brain, Markram et ses collaborateurs travaillent déjà depuis 2005 sur un cerveau artificiel qui se veut aussi proche d’un cerveau biologique que ce qu’il est techniquement possible de faire. Ici, on pratique par «reverse engineering»: au lieu de dessiner un objet avant de le construire, on part d’un objet existant et on essaye d’en dresser le plan.

Et on commence par les briques fondamentales. Les protéines, ces grosses molécules qui forment les cellules, puis les neurones, par où passe l’information et les cellules gliales qui les nourrissent, les alimentent et modulent les transmissions, sans oublier ces transmissions elles-mêmes, faisceaux d’ions passant d’une cellule à l’autre par de longs filaments: tout cela est reconstruit virtuellement à partir de données récoltées sur du matériau vivant.

Disposés en étoile autour d’un microscope à infrarouge, une douzaine de petits boîtiers prolongés par une pipette en plastique semblent tous se nourrir à la même source de lumière verte. Chaque unité contient douze neurones de rat, dont la machine décrypte précisément toute l’activité, laquelle est ensuite modélisée sur ordinateur.

C’est la base même du projet. Depuis 2005, ces expériences se sont révélées une vraie mine d’informations sur le mode de fonctionnement basique des cellules cérébrales. Grâce à elles, Blue Brain a déjà pu simuler une colonne néocorticale de rat, unité de base du cerveau, faite de 10'000 neurones, capables d’établir entre eux jusqu’à 30 millions de connexions.

Mais le cerveau humain, but ultime du HBP, compte au bas mot 100 millions de neurones. Et aujourd’hui, il faut la puissance totale d’un PC portable pour simuler le comportement d’un seul neurone. Autant dire qu’il va falloir booster les ordinateurs. On estime qu’un cerveau humain virtuel nécessiterait une machine mille fois plus puissante que le plus gros superordinateur existant. HBP va donc travailler main dans la main avec les constructeurs informatiques pour trouver des solutions en termes de puissance de calcul, de consommation d’énergie et d’évacuation de la chaleur.

Et dire que notre cerveau est capable de faire plus et mieux que toutes ces machines, (presque) sans chauffer et avec juste l’énergie d’une petite ampoule électrique…


A quoi ça sert ?

S’agissant de sa réplique virtuelle, le but n’est pas de construire un tel monstre pour le faire jouer aux échecs ou piloter un astronef comme dans les classiques de science-fiction.

«Ce sera comme une immense installation d’imagerie à résonnance magnétique dans un hôpital. Le but n’est pas d’avoir un jouet avec lequel on peut s’amuser», explique Henry Markram. Son credo est simple: la médecine va maintenir de plus en plus nos corps en bonne santé, mais personne n’a de solutions pour les maladies du cerveau (Parkinson, Alzheimer et toutes les autres), qui aujourd’hui déjà affectent deux milliards de personnes dans le monde.

En simulant des situations réelles, en lui administrant des médicaments ou de nouvelles molécules virtuelles, mais également en la nourrissant de tous les savoirs actuels et à venir sur son modèle biologique, les gens du HBP comptent faire de leur machine l’outil ultime de compréhension du cerveau. Pour Markram, jamais avare de formules choc, il en va simplement de «l’intérêt de l’humanité».

Autre sommité des neurosciences, le professeur Pierre Magistretti, qui dirige - à l’EPFL également - le Pôle de recherche national sur les fondements biologique des maladies mentales, parle, pour ses disciplines, «d’une vraie situation gagnant-gagnant». Et la médecine ne sera pas seule à bénéficier de cette grandiose réalisation. Le HBP profitera aussi à la robotique (il faudra des robots pour «nourrir» le cerveau artificiel de sensations), aux interfaces système nerveux-prothèses et bien sûr à l’informatique, qui a beaucoup à apprendre des capacités extraordinaires du cerveau humain.


Certitude

Le 23 mai, les Américains devraient eux aussi annoncer un vaste programme de recherche sur le cerveau, défini comme le nouvel «objectif Lune» de ce début de troisième millénaire.

Henry Markram a-t-il peur de la concurrence? «Pas du tout», répond-il tout net, préférant parler d’émulation. «Leur approche est différentes de la nôtre et les données qu’ils publieront sont à disposition de toute la communauté scientifique. Notre stratégie est mondiale, ce n’est pas chacun dans son coin. Nous trouverons des moyens de collaborer, et d’ajouter de la valeur à leurs résultats», affirme le professeur avec l’assurance tranquille que donne la certitude d’avoir raison.


Marc-André Miserez, swissinfo.ch, Lausanne

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dimanche, mai 15, 2011

La forêt d’Einsiedeln choyée depuis dix siècles


La charpente de l’église du couvent a été réalisée avec le bois de la forêt de l’abbaye.
La charpente de l’église du couvent a été réalisée avec le bois de la forêt de l’abbaye. (Keystone)

Par Luca Beti, swissinfo.ch


Depuis plus de mille ans, l’abbaye d’Einsiedeln vit en harmonie avec la forêt, gérée dans le respect de la règle bénédictine. Cette gestion rationnelle et durable a reçu en 2011 le Prix Binding – le plus important dans le domaine environnemental en Suisse.


Pour vous saluer, le parfum de la résine et du bois. Une odeur qui vous enveloppe et vous accompagne dans le labyrinthe constitué de hauts tas de planches bien ordonnés, de troncs amoncelés et de machines au repos. Vous le suivez comme un fil d’Arina pour venir vous cogner au hurlement de la machine qui saisit les troncs pour les écarteler et les transformer en planches.

Nous voici à la scierie du couvent d’Einsiedeln. Pour une fois, ce n’est pas l’odeur de l’encens, le son de l’orgue, les stucs pompeux et les fresques de l’église baroque, voire la bibliothèque du couvent qui sont au centre de l’attention. Mais la forêt de la fameuse abbaye bénédictine, sise dans le canton de Schwyz. Une forêt qui vient d’obtenir le Prix Binding, l’un des plus prestigieux d’Europe en matière environnementale.

«Ce prix est une reconnaissance et une confirmation de la qualité de nos activités forestières», juge Daniel Mayer, garde forestier en charge de la forêt du couvent depuis 25 ans. Une sylve avec laquelle il entretient un rapport quasi paternel. «Je l’accompagne comme une fille à mesure qu’elle grandit, la respectant et la gérant de manière durable. J’essaie de penser à son avenir et de la préparer à l’affronter.»

Depuis plus de mille ans, le couvent d’Einsiedeln est intimement lié à la forêt. Le lieu où se trouve actuellement le monastère porte le nom de Forêt sombre, une forêt particulièrement dense et dangereuse – caractéristique qui a coûté à la vie au premier ermite bénédictin Saint-Meinrad, tué par deux brigands.

«Aujourd’hui, la forêt n’est plus un lieu lugubre. Au fil des siècles, elle a été gérée avec soin et respect, selon la règle bénédictine. Ainsi, nous avons apporté notre contribution à la protection de la Création», explique Lorenz Moser, le trésorier du monastère. Ce sont justement ce respect, cette vision à long terme et cette gestion responsable qui ont convaincu le jury du Prix Binding.


Daniel Mayer, le garde forestier du couvent d’Einsiedeln.

Daniel Mayer, le garde forestier du couvent d’Einsiedeln. (swissinfo)

Du poêle au chauffage à pellets

La propriété forestière des moines est dispersée dans les cantons de Schwyz, Zurich, Thurgovie et dans le Vorarlberg autrichien. Sa superficie de quelque 1000 hectares en fait la plus grande forêt privée de Suisse. Elle pousse de 460 m d’altitude à la limite des arbres et se compose de conifères et de feuillus.

«Le bouleau est très fréquent. A l’époque, les moines chauffaient leurs cellules avec des poêles. Ils savaient que le bois de bouleau a un rendement calorique bien supérieur à celui du mélèze ou du sapin», explique le père Lorenz Moser.

Aujourd’hui encore, le couvent est chauffé au bois. Mais la pomme de pin a fait place au chauffage à pellets. «Il y a vingt ans, le couvent a décidé de mettre l’accent sur les énergies renouvelables. Avant, on brûlait 750'000 litres de mazout pour chauffer l’ensemble du monastère. Depuis 1991, nous consommons 5300 m3 de copeaux de bois, avec un bilan nul en terme d’émissions de CO2», indique Daniel Mayer. Ce projet pionnier a coûté 16 millions de francs – une somme dégagée par la vente d’une école agricole à Pfäffikon.

En plus de l’installation de chauffage ont été construites une scierie ainsi qu’une structure destinée au séchage des planches et des poutres. «Nous travaillons environ 6000 m3 de bois par an. Deux-tiers sont utilisés comme matériau de construction, le troisième tiers finit dans la réserve à copeaux», explique le forestier.


Vers l’autosuffisance énergétique

Après deux décennies, ce dispositif avant-gardiste n'est toutefois plus tout à fait au goût du jour. Le monastère étudie la possibilité de se rendre complètement indépendant du point de vue énergétique, en recourant davantage encore aux énergies renouvelables. «Le but, c’est d’atteindre l’autosuffisance dans dix ans», annonce le père Moser.

«L'objectif est de réduire la consommation énergétique de 25% par optimisation, à travers différentes mesures comme la réduction des pertes de chaleur et l’utilisation de copaux de bois secs. Nous voulons aussi exploiter la chaleur du sous-sol avec des pompes à chaleur ainsi que le soleil avec une installation photovoltaïque», explique Daniel Mayer. Ce dernier ajoute que les coûts du projet sont estimés entre 5 et 6 millions de francs.

Les 200'000 francs du Prix Binding seront partiellement investis dans l’étude de faisabilité concernant l’optimisation énergétique du monastère. Une autre partie permettra la création d’un habitat pour la gélinotte, dont la présence dans les forêts suisses se fait de plus en plus rare.

«Il s’agit d’un projet entamé par le canton de Schwyz depuis plusieurs années, avec la création et l’entretien de structures arborées idéales pour la gélinotte des bois. Nous voulons maintenant poursuivre le projet en l’axant sur l’étude génétique de ce tétraonidé», précise Daniel Mayer.

De bois obscur, la forêt qui entoure le monastère d’Einsiedeln a été transformée au cours du dernier millénaire en une zone de protection, de production et de délassement, où il est possible de rencontrer des animaux sauvages, des touristes et, parfois même, des moines bénédictins.

«Je n’ai pas beaucoup de temps pour profiter de notre forêt, assure le père Moser. Mais on trouve toujours un moment pour venir cheminer sur ses sentiers.»


Luca Beti, swissinfo.ch
Einsiedeln
(Traduit de l’italien par Pierre-François Besson)

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lundi, mai 02, 2011

Ben Laden a été tué au Pakistan

Ben Laden a été tué au Pakistan - SwissInfo

Oussama Ben Laden se cachait dans une luxueuse résidence située près d'une académie militaire pakistanaise à moins de deux heures de route d'Islamabad.
Oussama Ben Laden se cachait dans une luxueuse résidence située près d'une académie militaire pakistanaise à moins de deux heures de route d'Islamabad. (Reuters)

Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé dimanche soir (heure américaine) que le chef du réseau Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, avait été tué au Pakistan par les services spéciaux américains. Cette opération met fin à une longue traque de l'auteur des attentats du 11 septembre 2001.


«Ce soir, je suis en mesure d'annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d'Al-Qaïda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d'innocents», a déclaré Barack Obama lors d'une allocution solennelle à la Maison Blanche.

Cette annonce intervient près de dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, qui avaient fait plus de 3000 morts à New York et Washington.

Barack Obama a précisé que le chef d'Al-Qaïda avait été tué dimanche lors d'un échange de tirs dans une résidence où la présence de Ben Laden avait été évoquée en août dernier.

Son corps a été immergé en mer, ont annoncé les chaînes de télévision CNN etMSNBC. Selon un responsable américain, un fils adulte de Ben Laden ainsi que deux autres adultes ont péri également dans le raid.

Barack Obama a rappelé qu'il avait fait, dès son arrivée à la Maison blanche en janvier 2009, de la capture ou de la mort de Ben Laden une priorité majeure dans la lutte antiterroriste.

Il a ajouté qu'il avait autorisé vendredi matin l'opération visant à tuer Ben Laden. De nombreux spécialistes du renseignement estimaient qu'il se cachait au Pakistan.

Avant même l'annonce présidentielle, la nouvelle, confirmée par un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat, s'était répandue comme une traînée de poudre dans le pays. Très vite, des centaines, puis des milliers de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche dans une ambiance de fête.

Barack Obama a déclaré qu'aucun Américain n'avait été tué dans l'opération menée à Abbotabad, au nord d'Islamabad, la capitale pakistanaise, et que les hommes impliqués avaient pris soin d'éviter de faire des victimes civiles.

Ben Laden a été identifié grâce à des techniques de reconnaissance faciale par les commandos qui l'ont tué au cours d'une fusillade, a pour sa part déclaré un responsable américain. Le chef d'Al Qaïda a résisté avant d'être atteint à la tête, selon ce dernier.

40 minutes au sol

Les commandos sont restés moins de 40 minutes au sol et l'opération a été suivie en direct par le directeur de la CIA, Leon Panetta, et d'autres responsables des services de renseignement réunis dans une salle de conférence au siège de la CIA à Langley, en Virginie.

Les Etats-Unis n'avaient pas prévenu les autorités pakistanaises de l'opération contre Oussama Ben Laden, a indiqué un haut responsable de l'administration Obama. Son pays justifie la violation de la souveraineté pakistanaise par «l'obligation légale et morale d'agir».

Après la mort d'Oussama Ben Laden, le département d'Etat américain a averti contre un risque accru de violences anti-américaines et diffusé une alerte aux voyageurs américains. Interpol a mis en garde contre «un risque terroriste plus élevé». Et plusieurs pays, comme la Grande-Bretagne ou le Japon, revoient la sécurité de leurs ambassades.

Succès pour Obama

Cette opération est une réussite majeure pour Barack Obama et ses conseillers chargés de la sécurité nationale, alors que beaucoup d'Américains avaient abandonné l'espoir que le chef d'Al Qaïda soit un jour retrouvé.

Le prédécesseur d'Obama, George W. Bush, avait traqué en vain pendant près de sept ans et demi, des attentats du 11 septembre 2001 à son départ de la Maison blanche en janvier 2009, l'extrémiste d'origine saoudienne.

«La lutte contre le terrorisme continue, mais ce soir, l'Amérique a envoyé un message évident: quel que soit le temps que cela prend, la justice finit par être rendue», a déclaré George W. Bush.

Réactions en Suisse

«Le fait qu'(Al-Qaïda) soit aujourd'hui décapitée est une bonne nouvelle», a réagi lundi la présidente de la Confédération. «Oussama Ben Laden et son organisation sont les acteurs d'un terrorisme aveugle et brutal qui a fait des milliers et des milliers de mort», a-t-elle souligné.

«La Suisse condamne le terrorisme avec la plus grande vigueur et se félicite des actions concrètes qui visent à mettre fin aux structures et aux actions du terrorisme international - de l'Asie centrale au Maghreb en passant par le Proche-Orient», dit également Micheline Calmy-Rey dans une prise de position diffusée par ses services.

L'élimination d'Oussama Ben Laden Qaïda ne va pas supprimer pour autant le terrorisme islamiste et risque de susciter des attentats, a pour sa part admis le chef des services de renseignements suisses.

L'avenir d'Al Qaïda dépendra du successeur d'Oussama Ben Laden, a jugé Markus Seiler. Depuis quelques temps, les noyaux pakistanais et afghan de l'organisation terroriste paraissent affaiblis. Mais des poches de résistance demeurent dans les pays d'Afrique du Nord et de la péninsule arabique.

Pour le ministre de la défense Ueli Maurer, il faudrait être «naïf» pour croire que les problèmes sont résolus. «L'idéologie islamiste subsistera au-delà du décès du gourou d'Al-Qaïda».

Un «grand soulagement»

L'un des premiers dirigeants étrangers à réagir, le Premier ministre britannique David Cameron a jugé que la nouvelle de la mort de Ben Laden apporterait au monde un «grand soulagement».

C'«est une victoire du bien contre le mal, de la justice contre la cruauté», a estimé le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini dans un communiqué.

«Que l'on ait pu mettre fin aux actions sanguinaires de ce terroriste est une bonne nouvelle pour tous les hommes dans le monde qui pensent librement et sont pacifiques», a jugé dans un communiqué le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle.

La mort d'Oussama Ben Laden, «événement majeur de la lutte mondiale contre le terrorisme», ne signifie pas la fin d'Al Qaïda, a déclaré la présidence de la République française, tout en saluant la «ténacité» des Etats-Unis.

L'Otan applaudit au «grand succès» que représente la mort d'Oussama Ben Laden tout en estimant que ses opérations militaires en Afghanistan doivent continuer, a affirmé le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen.

Lecture différenciée

Entre autres réactions, «le Kremlin salue le succès important obtenu par les Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme international», a déclaré la présidence russe citée par les agences du pays.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé de «triomphe pour les pays démocratiques en lutte contre le terrorisme».

L'Inde a souligné que le fait que Ben Laden ait été tué au Pakistan confirmait les craintes que le pays, ennemi juré de New Delhi, serve de repaire aux extrémistes.

Pour le ministère pakistanais des Affaires étrangères, «cette opération a été menée par les forces américaines conformément à la politique annoncée par les Etats-Unis selon laquelle Oussama Ben Laden serait éliminé par une action directe des forces américaines où qu'il soit découvert dans le monde.»

En Afghanistan, le président Hamid Karzaï a estimé que le fait qu'Oussama Ben Laden ait été tué au Pakistan prouve que la guerre contre le terrorisme doit être menée contre ses bases et ses sources, qui ne se trouvent pas en Afghanistan.

Américains dans la région

La confrérie égyptienne des Frères musulmans a jugé pour sa part qu'«avec la mort de Ben Laden, l'une des causes de la violence dans le monde a disparu». Elle a exhorté les Etats-Unis à retirer leurs troupes d'Afghanistan et d'Irak et à «mettre fin à l'occupation des forces américaines et occidentales à travers le monde».

Le décès d'Oussama Ben Laden enlève «aux Etats- Unis et à leurs alliés toute excuse pour déployer des forces au Moyen-Orient sous prétexte de lutter contre le terrorisme», a estimé le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, souhaitant que la paix et la sécurité soient établies dans la région.

Le Hamas palestinien a lui dénoncé ce qu’il qualifie d’«assassinat d'un djihadiste arabe». «Nous considérons cela comme la poursuite d'une politique américaine fondée sur l'oppression et la volonté de faire couler le sang musulman et arabe», a déclaré Ismaïl Haniyeh, chef de l'administration mise en place par le Mouvement de la résistance islamique dans la bande de Gaza.

Sur les forums jihadistes les premières réactions à la mort annoncée d'Ousama Ben Laden allaient lundi de l'incrédulité à la colère, en passant par les menaces contre l'Amérique.


swissinfo.ch et les agences

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samedi, avril 30, 2011

Les bienfaits de la libre circulation des personnes

Les bienfaits de la libre circulation des personnes - SwissInfo


S’ils ont un contrat de travail, les citoyens de l’UE peuvent rester en Suisse autant qu’ils le veulent.
S’ils ont un contrat de travail, les citoyens de l’UE peuvent rester en Suisse autant qu’ils le veulent. (Keystone)

Par Sophie Douez, swissinfo.ch


Le 1er mai, les quotas de travailleurs issus de huit nouveaux membres de l’Union européenne seront supprimés. L’occasion de souligner le bilan économique positif de la libre circulation des personnes.


L’accord sur la libre circulation des personnes liant la Suisse et l’Union européenne (UE) permet aux ressortissants de ses pays membres d’immigrer en Suisse sans limitation temporelle à condition d’avoir un contrat de travail. A défaut, ils peuvent y séjourner librement pendant trois mois pour chercher un emploi.

L’accord est entré en vigueur par étapes à partir de 2002. Durant les sept mois qui ont suivi la levée des quotas pour les ressortissants des 17 «anciens» membres de l’UE, en juin 2007, le nombre de nouveaux immigrants en Suisse s’est élevé à 48'000, soit une augmentation de 11,6%. Mais Martin Hirsbrunner, chargé de la libre circulation des personnes et de l’émigration à l’Office fédéral des migrations, indique à swissinfo.ch que la libéralisation du 1er mai, concernant huit pays d’Europe orientale devenus membres de l’Union en 2004, n’aura pas un impact aussi fort. Il relève que les quotas en vigueur jusqu’ici (30'000 personnes pour des permis de courte durée et 3000 pour des permis de longue durée) n’ont pas été épuisés.

«Ce constat nous amène à penser qu’il n’y aura pas une grande vague d’immigration, affirme Martin Hirsbrunner. Tout dépend des besoins de l’économie, qui sont difficile à évaluer». Mais seulement 60% des quotas de permis B de longue durée et 90% du plafond de permis L de courte durée ont été épuisé jusqu’ici.

La relative faiblesse de ce mouvement migratoire s’explique par la barrière des langues et par la croissance économique robuste en Europe de l’Est, estime Peter Lauener, l’un des porte-parole de l’Union syndicale suisse: «Les conditions économiques dans ces huit pays sont bonnes et même très bonnes, ce qui permet aux ressortissants de ces pays de trouver du travail chez eux. Par ailleurs, les employeurs suisses ne leur courent pas après, ne serait-ce qu’en raison des difficultés linguistiques.»


Boom économique

Une analyse du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) indique que l’augmentation de l’immigration induite par l’accord sur la libre circulation des personnes a été bénéfique pour l’économie et qu’elle n’a pas eu un effet négatif sur le taux de chômage. Après une période de stagnation voire de croissance négative en 2002 et 2003, l’économie suisse a créé 150'000 nouvelles places de travail en 2006 et 2007, avec un taux de croissance du PIB de 3,2% et 3,4% respectivement.

«L’immigration en provenance de l’aire européenne a évolué proportionnellement aux besoins de l’économie suisse et a stimulé la croissance économique, écrit le Seco dans cette analyse datant de 2008. Grâce à ces conditions favorables, le taux de chômage a baissé de manière significative.»


Conditions de travail

Mais bien que le bilan global soit positif, des interrogations demeurent sur l’effet de la libre circulation des personnes sur les conditions de travail et les salaires. Pour le syndicaliste Peter Lauener, l’accord avec l’Union européenne a amené les employeurs à exercer une pression sur les salaires et l’environnement de travail et «les outils pour sanctionner les abus sont insuffisants.»

Selon Peter Lauener, l’absence en Suisse d’un salaire minimal national conduit à une protection insuffisante des travailleurs suisses en cas de dumping salarial, c’est-à-dire quand les employeurs vont chercher ailleurs une main-d’œuvre meilleur marché.

Mais George Sheldon, économiste spécialiste du marché du travail à l’Université de Bâle, relève que beaucoup de travailleurs suisses sont couverts par des conventions collectives négociées entre employeurs et employés, qui auraient «de facto un caractère de salaire minimal.» Il indique qu’en Suisse «nous n’avons constaté aucun effet négatif sur le niveau des salaires dû à la libre circulation».

Cela n’empêche pas les syndicats et le Parti socialiste de demander des mesures légales plus strictes pour combattre le dumping salarial. «Il reste incontestablement des lacunes, raison pour laquelle il est essentiel d’introduire de réelles possibilités de sanctions à l’encontre des entreprises qui pratiquent la sous-enchère salariale», écrit le secrétaire général du Parti socialiste Thomas Christen dans un commentaire posté la semaine dernière.

Thomas Christen demande aussi davantage d’investissements dans le secteur immobilier public et des droits plus importants pour les locataires afin de contrer les effets négatifs de la libre circulation des personnes sur les logements abordables.


Sous pression

Des voix critiques vis-à-vis de la libre circulation des personnes estiment que les pressions croissantes sur le logement et les infrastructures justifient une limitation de l’immigration.

L’association Ecologie et population (Ecopop) a lancé une initiative populaire demandant que la croissance démographique annuelle due à l’immigration soit limitée à 0,2%. «Il est vrai que le PIB a augmenté mais ce n’est pas le cas sur une base individuelle et il y a d’autres facteurs en jeu comme l’augmentation du trafic sur les autoroutes», affirme Sabine Wirth, membre du comité d’Ecopop.

De son côté, Martin Baltisser, secrétaire-général de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice), estime que la Suisse devrait renégocier l’accord avec l’Union européenne ou du moins s’assurer que les quotas de ressortissants des deux derniers adhérents (Roumanie et Bulgarie) soient maintenus le plus longtemps possible. «Pour nous, il est clair que les conséquences négatives sont de plus en plus évidentes», affirme Martin Baltisser.


Sophie Douez, swissinfo.ch

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