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mercredi, juin 01, 2011

Quelles seront les conséquences de l'arrêt du nucléaire en Allemagne?

Arrêt du nucléaire en Allemagne: Besson va évaluer les conséquences - Le Monde

Le ministre de l'énergie, Eric Besson, a annoncé mercredi que se tiendra le 9 juin une réunion de la filière énergétique afin d'évaluer les conséquences de la décision prise par l'Allemagne de fermer toutes ses centrales nucléaires, qui intervient en pleine sécheresse.

A Munich, l'une des quatre grandes villes dans lesquelles les Allemands ont défilé.

Le ministre a reconnu sur France Info que cette décision pourrait avoir un effet en France "à court terme", en privant l'Hexagone d'une source d'importation au moment où la sécheresse accroît les besoins en électricité.

"L'arrêt immédiat des sept centrales nucléaires enlève à l'Allemagne à peu près 10 % de sa production électrique", ce qui veut dire que "l'Allemagne ne va plus pouvoir exporter, ou beaucoup moins", a expliqué M. Besson.

"SOYONS VIGILANTS"

"Or, nous sommes liés à l'Allemagne par (...) le fait que si globalement nous exportons davantage que nous importons d'électricité vers l'Allemagne, (...) il arrive qu'en été nous importions de l'électricité".

"Et cela pourrait être le cas cette année si on cumule les conditions de sécheresse et la baisse de la production par les Allemands", a-t-il ajouté.

Le ministre annonce donc qu'il va réunir le 9 juin "tous les indsutriels concernés", le gestionnaire du réseau d'électricité RTE et les fournisseurs d'énergie, "pour tirer une double leçon : la sécheresse et ses conséquences et, deuxièmement, la décision allemande". "Il ne faut pas que nous soyons alarmistes, mais vigilants", a-t-il conclu.

Le lobby nucléaire allemand réagit

Le patron du numéro deux allemand de l'énergie RWE et porte-voix du lobby nucléaire juge, dans un entretien publié mercredi, que le gouvernement allemand"joue avec la compétitivité" du pays en accélérant l'abandon de l'atome civil, "et l'issue est incertaine".

"Visiblement, on veut en Allemagne d'un futur sans groupes d'énergie d'envergure internationale", a encore déclaré Jürgen Grossmann au quotidien "Bild", en estimant que "d'autres pays prouvaient que l'on peut aborder ce sujet (de l'énergie nucléaire)plus calmement et de manière plus pragmatique". - (avec AFP)

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mercredi, janvier 05, 2011

Gigantesque scandale à la dioxine en Allemagne

Gigantesque scandale à la dioxine en Allemagne - Le Monde

Près de 1 000 élevages de poules, cochons et dindes fermés préventivement, 8 000 poules pondeuses abattues : un gigantesque scandale à la dioxine agite l’Allemagne. Des œufs et de la viande contaminés ont été vendus dans tout le pays et ailleurs en Europe, sans que l’étendue exacte de la contamination ne soit encore connue.

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Des œufs sont testés dans un laboratoire allemand. (AFP PHOTO FRISO GENTSCH)

L’Allemagne a alerté ses partenaires européens dès le 27 décembre. Tout serait parti d’une nourriture pour animaux, composée en partie d’acide gras contaminé fabriqués dans une usine d’agrocarburants, rapporte le Focus. Dans le cadre de la production de biodiesel, de l’huile végétale est réutilisée pour fabriquer de l’alimentation animale.

“Le fabricant de nourriture animale, Harles & Jentzsch, a produit de la nourriture animale à partir d’une huile à usage technique qui n’aurait pas dû se retrouver dans la chaîne alimentaire”, rapporte le Spiegel. Ce fabricant rejette la faute sur son fournisseur, Petrotec, qui se son côté répond “avoir spécifiquement signalé dans tous les contrats, bons de livraison et factures que les acides gras étaient uniquement destinés à un usage technique, et en aucun cas alimentaire”.

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L’usine de Harles & Jentzsch à Uetersen, dans le nord-ouest de l’Allemagne (AFP PHOTO/MALTE CHRISTIANS)

L’huile contaminée aurait contenu 123 nanogrammes de dioxines par kilo. A l’arrivée, les œufs produits contenaient 16 nanogrammes par kilo, soit quatre fois les normes maximum autorisées par l’Union européenne. Désormais, chaque élevage suspect devra subir des tests poussés en laboratoire. Si les taux de dioxine sont trop élevés, l’ensemble du cheptel devra être abbatu. Les syndicats agricoles allemands craignent des dommages de plusieurs millions d’euros.

Problème pour les consommateurs allemands et européens, il est quasiment impossible de savoir si ses œufs proviennents d’un des élevages mis en cause. “Le numéro imprimé sur chaque boîte n’est d’aucune aide, car les identifiants de chaque fabrique ne sont pas publics”, rapporte le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien rappelle toutefois que les dioxines, certes cancérigènes, “ne sont pas immédiatement dangereuses pour la santé, mais dommageable à moyen ou long terme en cas de consommation répétée”.

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samedi, novembre 27, 2010

La baisse du chômage en Allemagne est artificielle

"La baisse du chômage en Allemagne masque une plus grande précarité" - Le Monde

Sur le front du chômage, l'Allemagne fait partie des bons élèves européens. Elle est l'un des rares pays à avoir vu son taux de chômage baisser sur un an. Il était de 6,7 % en septembre 2010, selon Eurostat, quand celui de la zone euro s'établissait à 10,1 % de la population active. Une situation qui coïncide avec une reprise de la croissance (3,5 % prévus en 2010, 1,8 % en 2011) et qui pose la question d'un"miracle allemand" au milieu d'une Europe en plein marasme économique. Henrik Uterwedde, économiste et directeur adjoint de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg, estime cependant que ce maintien de l'emploi s'est fait au prix d'un creusement des inégalités.

Comment expliquez-vous cette situation de l'emploi en Allemagne ?

Henrik Uterwedde : Principalement parce que la gestion de la crise s'est faite grâce à un accord inédit entre le gouvernement, le patronat et les partenaires sociaux, portant sur le travail à temps partiel. Dès 2007, les Allemands ont préféré se dire que la crise était passagère, et que les entreprises avaient intérêt à garder le plus grand nombre possible de personnels qualifiés. Pour des questions sociales, certes, mais aussi pour ne pas manquer de bras au moment de la reprise.

Parmi les décisions adoptées, l'extension du cadre législatif appelé "Kurzarbeit" a été selon moi décisive. Ce dispositif permet à une entreprise de réduire de 50 % le temps de travail (20 heures au lieu de 38 hebdomadaires), qui engendre une baisse de 50 % du salaire. L'agence pour l'emploi allemande prend ensuite en charge jusqu'à 30 % de la moitié manquante de la paie, en fonction de la situation familiale du salarié. L'Etat et les partenaires sociaux ont décidé d'étendre la durée du dispositif de six à vingt-quatre mois. Beaucoup d'entreprises, après accord interne, ont choisi d'appliquer ce mécanisme.

Lors du pic de la crise, en mai 2009, près de 1,6 million de personnes ont été concernées par le "Kurzarbeit", dont un tiers travaillaient dans la branche métallurgique (incluant l'automobile). Même IG Metall, le très puissant syndicat de la métallurgie, a accepté la mesure, qui a coûté plusieurs milliards à l'Etat allemand, et qui devrait disparaître d'elle-même avec la reprise et le remplissage des carnets de commandes des usines fortement exportatrices. Cela a permis d'éviter les plans sociaux, qui auraient installé beaucoup de monde dans un chômage de longue durée.

Mais la crise a tout de même eu des effets sur les travailleurs allemands ?

Même si certains mécanismes comme le "Kurzarbeit" ont fait la preuve de leur efficacité, il faut rappeler que cela a conduit à une diminution de 20 % des salaires. Et que ceux-ci, depuis dix ans, ont globalement stagné en Allemagne, contrairement aux autres pays européens. De plus, cette moyenne ne rend pas compte du creusement des inégalités : le revers de la médaille du maintien de l'emploi a été l'augmentation prononcée de la précarité.

A vrai dire, on frôle même les abus et l'exploitation en ce qui concerne les temps partiels et les bas salaires. Postes en intérims, CDD, ou même les mini-jobs, ces emplois de quelques heures hebdomadaires rémunérés 400 euros par mois sans charges sociales pour le salarié ont été, ces dernières années, la règle pour un nombre important de travailleurs du tertiaire. [Les "mini-jobs" concernent encore 12 % de la population active.]

Ce sont surtout les emplois non qualifiés (employés de supermarchés, agents d'entretien…) qui ont le plus pâti du système. Les entreprises ont largement préféré faire appel à deux ou trois mini-jobs, fiscalement avantageux, plutôt que d'embaucher pour de bon une personne. On peut ainsi estimer actuellement à 6,7 millions le nombre de travailleurs mal payés en Allemagne.

Quels seront les effets de la reprise actuelle ?

Le climat est actuellement assez exceptionnel, dans le sens où même le patronat et la droite disent que les salariés méritent une hausse des salaires. La reprise est vécue comme la fin de la modération et des sacrifices : les renégociations des conventions collectives, qui auront lieu dans les prochains mois, vont s'inscrire dans ce contexte où chacun demande son dû.

Les syndicats espèrent que l'élan de la reprise conduira à des avancées. Pour ceux qui travaillent, cela signifie soit une hausse des salaires, soit la sécurité de l'emploi. Et pour ceux qui sont au chômage, il s'agit d'avoir de meilleures garanties financières en période de précarité ou de reprise du travail. Cela pourrait passer, par exemple, par la création d'un smic allemand.

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