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mardi, mai 17, 2011

Est-ce que l'affaire DSK est lié au niveau de la dette publique américaine qui dépasserait son plafond légal?

La Crise Acte IV : le début de la fin dans toute bonne tragédie classique - Vie financière

Bill Bonner pense que nous ne sommes pas — et de loin — au bout de l’histoire. Mais nous approchons probablement du début de la fin.

Le début du dernier acte a été signalé la semaine précédant Pâques, quand Standard & Poor’s a attribué une « perspective négative » à la dette du gouvernement américain. Les analystes n’ont pas tardé à affirmer qu’un défaut de paiement grave, « normal », des Etats-Unis était peu probable. Personne ne semblait prendre l’affaire très au sérieux. Cela nous rappelait 1979. A l’époque, Paul Volcker avait déclaré qu’il resserrerait le crédit et freinerait l’inflation. Personne ne l’avait pris au sérieux non plus. Les rendements obligataires continuèrent à grimper. Ce n’est qu’en 1983 que le rendement sur le bon du Trésor à 10 ans atteignit son sommet.

En un sens, les analystes ont raison. Il n’y aura pas de défaut « normal ». L’issue finale sera probablement bien plus destructrice que cela.

Il est très important de comprendre le contexte. Nous ne vivons pas une panique ou une crise économique « normale ». Ce n’est pas non plus un coup du hasard. Pas plus qu’il ne s’agit d’une série d’événements aléatoires, imprévisibles même pour un oeil averti. Ce que nous voyons, c’est un drame épique. Un drame avec des héros et des vilains… une intrigue séculaire… une morale… des rebondissements, des retournements et des surprises. Il a également une issue inévitable, prévisible. Les gentils vont gagner. Vous pouvez y compter.

J’ai eu le temps d’y penser pendant une chevauchée en Argentine. Là-bas, les distances sont longues. On passe beaucoup de temps en selle. C’est durant un tel voyage que j’ai pensé aux moyens de comprendre le monde financier actuel. La tendance moderne est de tout penser — en particulier le monde de la finance — en termes techniques, voire mécaniques. On suppose par exemple que Ben Bernanke & Co. peuvent faire soit le bon choix, soit le mauvais, selon ce à quoi le spectateur s’attend. La presse financière du monde entier réfracte leurs actions au travers de ce prisme.

M. Bernanke lui-même semble envisager les choses de cette manière. Lors de sa récente conférence de presse, par exemple, il a déclaré qu’il laisserait les taux proches de zéro parce que cela aiderait l’économie à « se remettre ». Il pense que le système financier mondial est une sorte de machine qui réagit à ses ajustements comme un moteur répond à la pression sur l’accélérateur. Si vous voulez aller plus vite, il suffit d’appuyer plus fort !

La plupart des gens réfléchissent aussi en ces termes. Si Ben Bernanke augmente les taux d’intérêt un peu trop, ou un peu trop tôt, ils pensent qu’il sera responsable du ralentissement de l’économie. Le moteur pourrait même caler.

Mais trouve-t-on des preuves, dans toute l’histoire, que des mécaniciens bien intentionnés puissent améliorer la performance d’une économie ? Nous n’en connaissons aucune. Pas un seul exemple. Ce que nous voyons, ce sont quelques milliers d’années d’histoire économique durant laquelle personne n’a même essayé. Puis, durant l’ère moderne, avec l’arrivée des calculatrices et des statistiques, les planificateurs centraux ont pu se mettre au travail. Depuis, chaque fois qu’un désastre se produit, on trouve un économiste à proximité, une clé à molette à la main, du cambouis plein le pantalon.

N’est-ce pas Benjamin Strong, chef de la Réserve fédérale, qui a déclenché la frénésie finale de 1929, avec sa baisse de taux, son « coup de whiskey », en 1927 ? N’était-ce pas le brain trust de Roosevelt qui a gaspillé les chances de reprise en 1930, avec des hausses de taux, des augmentations des dépenses et des impôts, et des barrières réglementaires ? Qui… sinon les planificateurs centraux… a détruit l’économie soviétique ? N’est-ce pas Rudolf Havenstein qui a apporté l’hyperinflation à l’Allemagne… et Gideon Gono qui l’a causée au Zimbabwe ? Che Guevara lui-même, en tant que chef de la banque centrale cubaine, a pratiquement ruiné l’île à lui tout seul. Et qui, sinon Alan Greenspan, est plus à blâmer pour la bulle américaine de l’immobilier et des finances ?

On pourrait dire que la plupart des économies fonctionnent passablement bien la plupart du temps. Cela, pourrait-on en conclure, est dû aux compétences du mécanicien en fonction. Mais la plupart du temps, les mécaniciens n’ont rien fait. Ils ont rarement tenté d’intervenir de manière sérieuse. Et chaque fois qu’ils l’ont fait, les résultats ont été désastreux. Nous ne connaissons aucun contre-exemple. Pas un seul.

Malgré ces siècles d’histoire qui les regardent droit dans les yeux, les autorités financières partout dans le monde se sont empressées d’ »améliorer » le fonctionnement de l’économie de marché. Elles ont joué environ 20 000 milliards de dollars sur la question.

Récemment, le Japon s’est trouvé confronté à une triple catastrophe séisme/tsunami/nucléaire ; il a réagi en imprimant de l’argent, augmentant le bilan de la Banque du Japon de 250% en deux semaines. Je pense que Ben Bernanke attend simplement une urgence pour pouvoir faire de même.

Ce n’est qu’une partie de l’histoire. On parle là de personnes qui font des erreurs — mais pas des erreurs aléatoires. Ce sont des erreurs d’une espèce particulière. Elles dérivent toutes de fausses idées sur la manière dont fonctionne un système économique/monétaire.

En d’autres termes, nous ne faisons pas qu’observer des efforts maladroits pour réanimer l’économie américaine. La tragédie est bien plus vaste que cela. Et comme toute pièce de théâtre, elle doit avoir un début… et une fin.

Acte I : Richard Nixon lève l’ancre dorée
Le rideau s’est levé sur ce spectacle le 15 août — jour de l’Assomption — 1971. C’est à ce moment-là que Richard Nixon a changé le système monétaire mondial. Il a levé l’ancre dorée. Auparavant, toutes les monnaies étaient rattachées à une forme de devise qu’aucune nation ne pouvait contrôler. A partir de là, proclama-t-il, les devises seraient toutes liées au dollar. Et le dollar serait libre de d’aller où ses gardiens jugeraient bon qu’il aille.

Peu de temps après, le dollar subit une vague de baisse. Les investisseurs pensaient que les dés en étaient déjà jetés. Ils voyaient les taux d’inflation grimper aux Etats-Unis et voulaient sortir du billet vert.

Mais les Etats-Unis n’étaient pas prêts pour la ruine. Les salaires, le PIB, la richesse nette — tous grimpaient depuis des décennies. Les Etats-Unis étaient le pays le plus riche de la planète. Aucun autre ne leur arrivait à la cheville. Ils étaient le plus grand exportateur du monde. Et son plus grand créditeur. Mais avec une inflation grimpant à 10% par an — et plus — il fallait faire quelque chose.

Paul Volcker fut le héros du premier acte. Il encaissa le coup — augmentant les réserves obligatoires et poussant le taux directeur de la Fed au-dessus de l’inflation des prix à la consommation. Les investisseurs mirent quelques années à réaliser ce qui s’était produit. Mais Volcker avait maîtrisé l’inflation et apporté aux Etats-Unis près de deux décennies de prospérité relative. Le dollar, en termes d’or, grimpa jusqu’en 1998.

Cours de l'or de 1971 à nos jours

Acte II : Le dollar terrasse la relique barbare, l’or et donne l’illusion de la prospérité
L’acte II prit pas mal d’investisseurs par surprise. Les vétérans, les adeptes de l’or, pensaient que le dollar allait chuter en droite ligne, tandis que l’or grimperait en ligne tout aussi droite. Mais ce n’est pas ainsi que fonctionnent les grandes tragédies.

Les années 80 et 90 amenèrent la prospérité. Mais ce n’était pas la même prospérité que celle des années 50 et 60. Elle avait quelque chose de factice et dégénéré. Les salaires américains atteignirent un sommet à 14,78 $ de l’heure — en dollar de 1999 — en 1973. Ils n’étaient que de 13,24 $ de l’heure lorsque le 20ème siècle prit fin une génération plus tard. La dette enfla à mesure que les ménages essayaient d’améliorer leur niveau de vie sans réelle augmentation de salaires.

Les Américains se mirent à chercher les bonnes affaires — et ils les trouvèrent à l’étranger. La production industrielle passa de Detroit et Seattle à Shenzhen et Pudong. Les acheteurs délaissèrent leurs magasins de quartier pour se rendre chez des discounters géants du type Wal-Mart. Les familles s’éloignèrent de plus en plus de leur lieu de travail pour se loger moins cher. Vous remarquerez peut-être que toutes ces adaptations dépendent d’une énergie peu coûteuse.

Il faut du carburant bon marché pour vivre loin de son lieu de travail. Il faut du carburant bon marché pour transporter des choses de Pudong à Denver. Sans énergie abordable, ce modèle tout entier n’aurait aucun sens (mais c’est une histoire pour un autre jour).

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samedi, avril 30, 2011

Le ministre du travail veut ramener le chômage sous la barre des 9%

Le ministre du travail veut ramener le chômage sous la barre des 9% - Le Monde

Dans un entretien publié samedi dans Le Figaro, Xavier Bertrand, le ministre du travail, dit viser un taux de chômage en dessous des 9 % d'ici la fin de l'année. Il indique aussi qu'il veut fixer une nouvelle feuille de route à Pôle Emploi et remplacer son directeur général, Christian Charpy. Le ministre ajoute enfin que la prime que certaines entreprises devront verser aux salariés sera exonérée de cotisations jusqu'à 1 200 euros, précise également le ministre.

"Avec la baisse du chômage, d'autres indicateurs [dynamisme de l'intérim et de l'emploi des cadres] montrent qu'on a amorcé une sortie de crise", affirme le ministre dont le "premier objectif est de passer au plus vite, et en tout cas avant la fin de l'année, à un taux de chômage inférieur à 9 % en métropole". "Nous étions à 9,2 % fin 2010 et certains experts nous disent que toute la baisse possible cette année a déjà eu lieu", poursuit le ministre. "Mais nous n'allons pas nous contenter de nous reposer sur la conjoncture" et, selon lui, "les 500 millions d'euros alloués en janvier aux politiques de l'emploi, notamment avec des contrats aidés supplémentaires que j'assume pleinement car ils permettent de remettre le pied à l'étrier de chômeurs de longue durée n'ont pas encore produit leurs effets".

Photo prise le 29 février 2009 dans une agence Pôle emploi de Dijon.

"En outre, je vais fixer une nouvelle feuille de route à Pôle emploi", annonce Xavier Bertrand en saluant "l'énorme travail accompli" par Christian Charpy, actuel responsable de la structure, née de la fusion de l'ANPE et des Assedic, dont il annonce le remplacement prochain. "J'en ai parlé avec lui : à nouvelle feuille de route, nouvelle direction", estime Xavier Bertrand. Le ministre trace alors les premiers contours de cette feuille de route. "Ses agents ont réussi, en un temps record, la fusion de l'ANPE et des Assedic, sans aucun retard dans l'indemnisation des demandeurs d'emploi et ce, malgré les 420 000 chômeurs supplémentaires en 2009", souligne-t-il. "Pour réussir cette fusion, il a fallu centraliser. Désormais, pour accélérer la baisse du chômage, il faut déconcentrer les décisions et redonner de l'autonomie aux conseillers", estime-t-il en citant notamment en exemple le fait que"chaque agence locale a une marge de manoeuvre sur seulement 15 % de son budget de formations, le reste étant décidé au niveau régional".

Au sujet de la prime imposée aux entreprises de plus de 50 salariés augmentant leurs dividendes, Xavier Bertrand précise que "le plafond pour les exonérations de cotisations sociales sera de 1 200 euros". "Dès lors que les dividendes distribués progressent par rapport à la moyenne des deux années précédentes, il est normal que les salariés en bénéficient aussi", déclare-t-il en précisant que "l'obligation portera sur le fait de verser une prime". Mais, a-t-il dit, "son montant et ses modalités seront négociés avec les représentants du personnel". "À défaut d'accord, l'entreprise décidera du montant", ajoute-t-il. La prime sera soumise aux 8 % de la CSG-CRDS et aux 6 % du forfait social. "Donc, les prélèvements seront quasiment les mêmes que ceux qui pèsent sur les dividendes (12,1 %)", indique le ministre pour qui "il n'y a pas d'alourdissement des charges ni de création d'une nouvelle niche".

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mercredi, janvier 05, 2011

Plus de 40 000 voitures auraient été incendiées en France en 2010

Plus de 40 000 voitures auraient été incendiées en France en 2010 - Le Monde

La polémique sur le bilan des véhicules incendiés lors du Nouvel An masque la banalisation du phénomène tout au long de l'année. Plus de 40 000 incendies ont ainsi été comptabilisés en 2010 par le ministère de l'intérieur sur l'ensemble du territoire, un chiffre dans la moyenne de ces dernières années mais sans commune mesure avec la situation de la fin des années 1990, lorsque le phénomène a commencé à se répandre.
Plus de 40 000 véhicules auraient été incendiés en 2010 sur l'ensemble du territoire français.

Les dates symboliques des 14 juillet et 31 décembre continuent de concentrer un nombre particulièrement important d'incidents. Pour le dernier Nouvel An, des sources policières ont fait état de 900 à 1 000 véhicules incendiés – un chiffre invérifiable par des sources indépendantes –, soit une légère diminution par rapport aux années précédentes où les incendies avaient atteint des sommets avec plus de 1 100 véhicules partis en fumée en 2009 et 2010.

Le nombre d'incendies reste toutefois nettement plus élevé que dans les périodes précédentes. Pour la nuit du Nouvel An, l'intérieur recensait 300 incendies au milieu des années 2000, puis 400 en 2007 et près de 900 en 2008. Même marquée par une légère baisse, le début d'année 2011 se situe ainsi dans les plus mauvais résultats enregistrés depuis vingt ans.

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mercredi, novembre 10, 2010

PRÉSIDENTIELLE - La bataille des primaires est lancée au PS

PRÉSIDENTIELLE - La bataille des primaires est lancée au PS - Le Point

Sous une pluie fine, Arnaud Montebourg répond aux journalistes devant l'Assemblée nationale, où se tenait, mardi soir, le conseil national du PS chargé de voter le texte sur l'égalité réelle. Philippe Martin, député du Gers, passe à côté et lance, dans un grand sourire : "Ça y est, les primaires ont commencé?" C'est un peu ça : le texte rédigé par le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a sonné le départ de la course qui déterminera le candidat socialiste à la présidentielle. "C'est comme la tectonique des plaques, confie Malek Boutih, membre du bureau national : il y a d'abord des mouvements en profondeur, discrets, et à un moment, ça pète."

Depuis quelques jours, les candidats putatifs sont passés à l'offensive. François Hollande et ses amis sont les plus virulents, suivis par Manuel Valls et Pierre Moscovici. Les amis de l'ex-premier secrétaire mènent une guérilla féroce contre ce texte. Leur angle d'attaque : une présence envahissante de l'État pour régler tous les problèmes (l'éducation, la jeunesse, l'économie...), une pléthore de propositions sans hiérarchie, une inversion des priorités (proposer avant de trouver les financements).

Les strauss-kahniens aux anges

La direction du PS a tenté de déminer le terrain. Elle a ainsi accepté de tempérer quelques dispositions controversées, comme l'éventuelle nationalisation de Total ou la création d'un statut pour les jeunes. Comme pour contrer les critiques de Hollande et de Valls, Solférino a aussi distribué aux journalistes, mardi soir, un petit argumentaire précisant que le texte est construit autour de quatre priorités - éducation, jeunes, logement et santé - et qu'il précise "les marges de manoeuvre" mobilisées pour les financer.

Dans le sous-sol de l'Assemblée nationale, les strauss-kahniens (mis à part Pierre Moscovici) semblent satisfaits du résultat. "C'est presque du réformisme radical cher au coeur de DSK !" explique un député proche de Dominique Strauss-Kahn. Mais le texte n'a pas emballé les foules : il a été approuvé par seulement 59 des 306 membres du conseil national (pour 12 abstentions, dont celles de Hollande et de Valls), soit à peine 20 % du corps électoral. Une victoire chiche pour Martine Aubry.

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mardi, juin 02, 2009

La plus grave catastrophe aérienne de l'histoire d'Air France

Le crash du vol AF 447 demeure inexpliqué

Le président américain Barack Obama a assuré dans une interview donnée, le 2 juin, à la chaîne française i-TV, que "les Etats-Unis accorderont tout l'assistance nécessaire pour trouver ce qui s'est passé" à bord de l'Airbus A330 d'Air France disparu, le 1er juin, entre le Brésil et le Sénégal, dans l'Atlantique sud.

Le président Nicolas Sarkozy s'était rendu la veille à l'aéroport Charles-de-Gaulle pour rencontrer les familles des disparus.

"Les perspectives de retrouver des survivants sont très faibles. Il n'y a aucun élément précis sur ce qui s'est passé"
Les recherches aériennes et maritimes se poursuivront pour localiser le lieu du crash et retrouver les boîtes noires de l'appareil accidenté, a certifié le ministre de la défense, Hervé Morin.

Pendant de longues heures, lundi matin, les télévisions brésiliennes s'étaient bornées à annoncer la disparition nocturne au-dessus de l'Atlantique du vol AF 447. Par souci de prudence, en l'absence d'informations supplémentaires. Mais aussi comme par refus de croire à l'irréparable, avant de laisser place peu à peu à la tragique évidence: l'Airbus 330 reliant Rio à Paris n'arriverait jamais à destination. Il est 19 h 29 locales c'est-à-dire 0 h 29 à Paris lorsque l'Airbus d'Air France décolle de l'aéroport international de Rio, avec 228 personnes à bord, 216 passagers, dont sept enfants et un bébé, ainsi que 12 membres d'équipage. La compagnie assurant deux liaisons aller-retour quotidiennes entre les deux villes, un autre avion, l'AF 443, l'a précédé 3 heures plus tôt et accomplira un vol sans histoire. A 22 h 30, l'Airbus établit un contact normal avec le contrôle aérien de Recife, dans le nord-est du Brésil. A 22 h 48, l'appareil quitte la zone de couverture radar brésilienne. Il se trouve alors à 565 km au nord de la ville côtière de Natal. Comme sur tous les vols "transatlantique sud", l'avion doit rester pendant trois à quatre heures hors de vue des radars, dont la portée est limitée à environ 500 km, 10 % seulement de l'espace aérien mondial sont couverts par des radars.

Dépressuration

Pendant la durée de ce "trou", l'équipage doit envoyer un signal par radio HF pour localiser l'appareil. Dans le cadre d'un suivi par satellite, qui ne fonctionne pas encore en temps réel, il est tenu d'adresser toutes les heures un "point de report" qui permet de connaître sa position. A 23 heures, l'AF 447 entre dans une zone de fortes turbulences. A 23 h 14 ou 4 h 14 à Paris, Air France reçoit un message automatique de maintenance faisant état d'une panne de systèmes. A cet égard, l'armée de l'air brésilienne maintiendra avoir été informée par Air France que le message automatique signalait aussi une dépressurisation. A 23 h 20, le contrôle aérien brésilien ne reçoit pas le contact radio attendu au moment de l'entrée programmée de l'avion dans l'espace aérien du Sénégal. Il contacte le contrôle de Dakar, également sans nouvelles. Les radars de l'île du Sel, dans l'archipel du Cap-Vert, à 450 km de la côte africaine, n'ont, eux non plus, rien repéré.

C'est l'alerte

Trois heures plus tard, le Brésil déclenche de nuit les opérations de recherches. Cinq avions, deux hélicoptères et trois navires y participent. Ces recherches sont difficiles. Elles se concentrent sur une zone située à plus de 1 100 km des côtes, à 800 km au nord-est de l'archipel brésilien de Fernando de Noronha, à mi-chemin entre l'Amérique et l'Afrique. L'absence d'une base d'appui oblige les avions à retourner fréquemment sur la terre ferme pour se ravitailler. Pour sa part, la France a envoyé sur zone, à partir de la métropole et de sa base permanente de Dakar, deux avions de reconnaissance Atlantique 2. Ces appareils, équipés de radars et de sonars, sont réputés pour leur efficacité dans la détection d'épaves et de naufragés. Ils sont appuyés par un Falcon 50 de surveillance maritime et par un navire de la Marine nationale, le transport de chalands de débarquement Foudre qui se trouvait, mardi 2 juin, à trois jours de mer de son objectif. La France a également sollicité auprès du Pentagone le concours des satellites militaires américains, nettement plus nombreux que ceux dont la France dispose. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'est entretenu lundi avec Nicolas Sarkozy qui l'avait appelé pour lui transmettre ses condoléances. Le gouvernement de l'Etat de Rio a décrété un deuil de trois jours à la mémoire des 228 disparus.

Cette catastrophe est la plus importante qu'ait connue la compagnie depuis sa création

La dernière en date était l'accident du Concorde, le 25 juillet 2000, qui avait pris feu au décollage et s'était écrasé peu après, causant la mort des 113 passagers et membres de l'équipage. Le 11 septembre 1968, Air France avait perdu une Caravelle en provenance d'Ajaccio, tuant 95 personnes. En attendant d'en savoir plus sur les causes de la disparition de l'Airbus A330-200, Air France a activé son plan d'aide aux familles. Les proches des passagers disparus pourront "se rendre sur zone" s'ils le souhaitent, a indiqué Jean-Louis Borloo, ministre des transports.

Accompagner les Familles

Plus d'une centaine de volontaires d'Air France se sont spontanément proposés pour accompagner les familles des victimes et les aider. D'autres prendront leur relais dans les prochaines heures. Ces aides sont de long terme, ajoute-t-on au siège d'Air France: dix ans après la catastrophe du Concorde qui avait coûté la vie à 113 personnes, la plupart des familles sont encore en relation avec les volontaires qui les avaient aidés à l'époque.
Le Point - 20minutes.fr - Cyberpresse - L'Express - 1 693 autres articles »

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A330: le Brésil a découvert les débris d'un avion

L'armée de l'air brésilienne annonce avoir découvert de "petits débris" d'un avion dans l'Atlantique, à 650 km au nord-est de l'île de Fernando de Norohna, sans pouvoir confirmer qu'il s'agit de l'Airbus d'Air France disparu.

Un avion brésilien "Hercules" (AFP)

Un avion brésilien "Hercules" (AFP)

L'armée de l'air brésilienne annonce mardi 2 juin avoir découvert de "petits débris" d'un avion dans l'Atlantique, à 650 km au nord-est de l'île de Fernando de Norohna, sans pouvoir confirmer qu'il s'agit de l'Airbus A330 disparu, a annoncé un porte-parole. Un siège figure parmi les pièces retrouvées. Le porte-parole de l'armée a dit qu'on ne pouvait pas confirmer qu'il s'agissait de l'avion d'Air France tant qu'au moins "une pièce avec un numéro de série, une identification" n'aurait pas été retrouvée.
Des avions mobilisés par la France, le Brésil et les Etats-Unis scrutent depuis hier la zone au-dessus de l'Atlantique où l'appareil d'Air France, qui reliait Rio à Paris avec 228 personnes à son bord, est susceptible d'avoir disparu.

Lueurs orangées sur l'eau

Le Brésil a mobilisé six avions, deux hélicoptères et trois navires sur la zone où l'avion est susceptible d'avoir disparu.
Toute la nuit, deux avions brésiliens dotés d'équipements électroniques, de radars et d'infrarouges, un Hercules C130 et un Embraer R-99, version brésilienne de l'avion radar Awacs, capables de faire des recherches nocturnes, ont poursuivi leurs recherches.
Deux appareils militaires français, un Atlantique 2 et un Falcon 50, ont repris mardi les recherches. L'Atlantique 2, un appareil de patrouille maritime, se focalise concentre sur une zone où un pilote brésilien a signalé dans la nuit avoir aperçu des lueurs orangées sur l'eau, près de la route aérienne empruntée par le vol AF447.
Le porte-parole de l'armée de l'air brésilienne, le colonel Jorge Amaral a assuré à l'agence de presse Agencia Brasil que les autorités enquêtaient sur cette information.

Canots et matériel de survie

Les appareils français sont également équipés de canots et de matériel de survie qui peuvent être lancés à la mer.
"Les recherches seront poursuivies aussi longtemps que nécessaire, les moyens sont déployés sur zone et nous les mettrons à disposition autant qu'il sera nécessaire", a déclaré le ministre de la Défense Hervé Morin.
"Nous avons dépêché sur zone" le TCD (transport de chaland de débarquement) "La Foudre", "qui part du Portugal pour rejoindre la zone", et la frégate de surveillance "Le Nivôse", qui menait des opérations de surveillance du narco-trafic dans les Antilles, par ailleurs indiqué Hervé Morin. Un AWACS et un avion ravitailleur devaient également décoller mardi après-midi et arriver sur zone mercredi, a-t-il précisé.
Les Etats-Unis ont envoyé un avion militaire d'observation et une équipe de sauvetage pour participer aux recherches, après que Paris a fait appel aux moyens du Pentagone, notamment satellitaires.
"Les Etats-Unis accorderont toute l'assistance nécessaire pour trouver ce qui s'est passé", a déclaré le président Barack Obama.
Les recherches ont lieu en plein océan Atlantique, une zone de turbulences où se rencontrent des masses d'air des hémisphères nord et sud et appelée "pot au noir".

Une enquête qui pourrait être "très longue"

L'appareil, parti de Rio et qui devait atterrir à Paris, comptait, en plus de ses 11 membres d'équipage français et un membre d'équipage brésilien, 216 passagers, dont 61 Français, 59 Brésiliens et 26 Allemands. 32 nationalités étaient représentées, dont 126 hommes, 82 femmes, sept enfants et un bébé.
Plus de 30 heures après la disparition de l'appareil, il ne restait pratiquement plus aucun espoir de retrouver des survivants. Cette catastrophe aérienne est la plus importante pour l'aviation civile depuis l'accident d'un Airbus A-300 d'American Airlines, qui s'était écrasé après son décollage à New York en 2001, faisant 265 morts.
L'enquête sur les causes de la disparition de l'appareil pourrait être "très longue et très complexe", a indiqué un porte-parole d'Air France.
Les causes de cette catastrophe restent mystérieuses. Le directeur de la communication d'Air France François Brousse, a estimé que "le plus vraisemblable" est que l'appareil a été "foudroyé". Air France a présenté ses condoléances aux familles et aux proches des disparus.

Violents orages

Les orages, dans la zone en question, pouvaient projeter l'appareil jusqu'à 15.240 mètres de hauteur, a souligné Henry Margusity, météorologiste senior chez AccuWeather.com. Le vol a disparu dans une zone où les contrôleurs aériens brésiliens, africains, espagnols et français ont tenté en vain d'établir le contact avec l'appareil.
"La conclusion à tirer est que quelque chose de catastrophique est arrivé à bord, qui a provoqué une perte de contrôle de l'appareil", a dit Chris Yates à l'Associated Press, analyste chez Jane's Aviation. "Potentiellement, l'avion est descendu très vite et si vite que le pilote à bord n'a même pas pu envoyer un signal de détresse".
L'avion volait normalement à une hauteur de 10.670 mètres mais au nord de l'Equateur, où il se trouvait, la violence d'un orage peut le propulser à une altitude de plus de 15.240 mètres et le confronter à de forts vents et à de la grêle, ce qui peut endommager la structure de l'appareil si les
pilotes ne peuvent manoeuvrer pour sortir l'avion de la zone concernée.

Minute de silence à l'Assemblée

"La foudre a été une préoccupation depuis le début de l'aviation. Elle l'était d'autant plus lorsque les avions volaient à basse altitude. Elle l'est moins depuis qu'il est plus facile d'éviter les orages", a expliqué Bill Voss, le PDG de la fondation Flight Safety, basée à Alexandria, en Virginie, aux Etats-Unis.
L'Assemblée nationale observera une minute de silence "à la mémoire des disparus de la catastrophe de l'A330 d'Air France", mardi après-midi au début de la séance des questions au gouvernement, a annoncé son président Bernard Accoyer.
Mardi soir, une minute de silence sera également observée avant le match de football France-Nigeria, à Saint-Etienne, au cours duquel les joueurs français porteront un brassard noir.

Numéros d'urgence

Deux numéros d'urgence pour les familles ont été ouverts : un numéro vert pour la France 0.800.800.812 et un autre pour l'étranger 00.33.1.57.02.10.55.
Le ministère des Affaires étrangères a activé son centre de crise et mis en place un autre numéro vert: 0.800.174.174.
Lundi, dans l'aérogare, un message était diffusé à l'attention des proches des passagers: "nous demandons à toutes les personnes qui attendent les passagers du vol AF447 de se présenter au comptoir à l'arrivée du terminal 2E".

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Des débris d'avion repérés au large du Sénégal

CRASH | Les traces ont été observées par l'équipage d'un vol de ligne de la compagnie brésilienne TAM. L'armée enquête sur cette information.
© KEYSTONE | Le président français Nicolas Sarkozy et, à l'arrière-plan, le ministre des transports Jean-Louis Borloo.
Des débris ont été repérés en surface de l'océan Atlantique dans la zone où pourrait avoir disparu l'avion d'Air France assurant la liaison Rio de Janeiro-Paris, a annoncé lundi soir l'armée de l'air brésilienne. La Suisse a elle mis en place une centrale d'information pour les proches des personnes disparues.
Les traces ont été observées par l'équipage d'un avion de ligne de la compagnie brésilienne TAM alors qu'il se trouvait dans l'espace aérien du Sénégal.
La compagnie aérienne a précisé que son équipage avait vu des "points lumineux" à la surface de l'océan à 800 milles, c'est-à-dire à 1'300 km, de l'archipel Fernando de Noronha. L'appareil venait de dépasser ces îles à 350 km de la côte brésilienne au moment du dernier contact.
"Le pilote de la TAM avait vu quelque chose en feu sur l'océan."

Six Suisses à bord

Le vol AF447 avec 228 personnes à son bord, dont 6 Suisses, a disparu dans la nuit de dimanche à lundi après son décollage de Rio de Janeiro au-dessus de l'Atlantique pour des raisons encore inconnues.
"la zone d'impact est à peu près identifiée au niveau de l'Atlantique, qui peut être cernée à quelques dizaines de nautiques près avec l'espoir de retrouver des restes de l'épave ou de détecter les émissions des balises Argos".
Plusieurs pays devaient eux intensifier leurs recherches mardi matin, 24 heures après la catastrophe, pour localiser l'avion d'Air France. Les recherches aériennes se concentraient sur une zone située à plus de 1100 km des côtes brésiliennes, au nord et nord-est de la ville brésilienne de Natal, a déclaré à l'AFP un porte-parole des Forces aériennes brésiliennes.

Trois bateaux brésiliens déployés

Deux avions brésiliens dotés d'équipements électroniques, de radars et d'infrarouges ont poursuivi dans la nuit les recherches pour tenter de trouver une trace de l'Airbus A330. Outre le Brésil, la France a dépêché deux avions de reconnaissance partis de Dakar. Ils devaient reprendre dès l'aube leurs opérations interrompues pendant la nuit. Le Brésil a mobilisé de son côté six avions, deux hélicoptères ainsi que trois navires qui faisaient route vers la zone où l'avion a disparu et à 100 km de l'espace aérien du Sénégal, selon les autorités brésiliennes.

Appareil américain prévu

Au moins un appareil américain devait se joindre mardi aux recherches après que Paris eut fait appel aux moyens du Pentagone pour aider à localiser l'appareil.
"Les chances de récupérer des survivants sont infimes. Il n'y a aucun élément précis sur ce qui s'est passé"

Centrale par le DFAE

Au moment de sa disparition, l'avion était entré dans une zone orageuse avec de fortes perturbations, une zone où se rencontrent des masses d'air des hémisphères nord et sud et qualifiée de "pot au noir". Le Département fédéral des affaires étrangères s'est dit "très touché" après la catastrophe aérienne de l'Airbus A330 d'Air France. Il a présenté ses condoléances aux familles et aux proches des 228 personnes à bord, dont 216 passagers et 12 membres d'équipage. Sur son site Internet dès lundi soir, le DFAE affichait le numéro de téléphone de la centrale d'information qu'il a mise en place pour les personnes qui craignent d'avoir des membres de leur famille parmi ces 228 personnes à bord de l'Airbus d'Air France. Ce numéro est le 0041 31 323 30 99.

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lundi, juin 01, 2009

«Une bombe peut avoir fait exploser l'avion »

INTERVIEW: Un pilote d'Air France estime qu'une panne électrique générale causée par un foudroiement est peu probable

Un Airbus A330 de la compagnie Air France qui assurait la liaison Rio de Janeiro- Paris-Charles-de-Gaulle a disparu au dessus de l'Atlantique lundi matin. Il transportait 228 personnes, dont 73 passagers français. Sur lefigaro.fr, un pilote d'Air France qui a souhaité garder l'anonymat évoque l'hypothèse d'un attentat ayant provoqué l'explosion de l'avion.

Air France affirme que l'appareil a connu une panne de circuit électrique. Quelles sont les conséquences d'une telle panne à bord d'un avion ?
Il y a cinq sources d'énergie électrique à bord d'un appareil. Pour qu'il y ait une panne totale, il faudrait que ces cinq sources ne fonctionnent plus. Lorsque tout tombe en panne, une batterie prend de façon transitoire et partielle le relais, ainsi qu'un moteur qu'on utilise généralement au sol. Une sorte d'éolienne est déclenchée pour générer de l'électricité. Pour que le commandant de bord n'ait plus aucune capacité à piloter l'avion, il faudrait que toutes ces sources d'électricité soient endommagées. Ça me paraît difficile.

Un foudroiement, comme évoqué par le ministre en charge des Transports Jean-Louis Borloo, ne pourrait donc selon vous pas provoquer une telle panne générale ?

Je ne dis pas ça, mais je me demande comment on peut savoir qu'il y a eu un foudroiement. Ce que l'on sait, c'est qu'il y a visiblement eu une forte turbulence puis des problèmes électriques. On peut ensuite associer les deux, mais de là à dire qu'un foudroiement est à l'origine de tout cela… Dans l'histoire de l'aviation, on ne connaît pas aujourd'hui de cas de foudroiement qui aboutisse à la perte d'un avion.

Un expert brésilien a émis l'hypothèse d'un amerrissage en plein océan. Cette hypothèse est-elle réaliste ?

Pour que l'avion puisse amerrir, il doit être pilotable. Et pour être pilotable, il faut qu'il y ait un peu d'électricité. Et s'il y a de l'électricité, il y a possibilité d'envoyer un message. Entre le moment où vous planez et celui où vous vous posez sur l'eau, il va s'écouler près d'une demi-heure. Cette possibilité est donc peu probable… En réalité, ce qui est à peu près sûr, c'est qu'on ne saura jamais ce qui s'est réellement passé. L'avion se trouvait au-dessus de l'Atlantique. S'il a explosé en plein vol, il y a des débris dispersés sur dix kilomètres de diamètre…

Vous parlez d'une explosion. Est-ce qu'un attentat aurait pu causer une panne électrique générale ?

Absolument. On peut très bien imaginer qu'une bombe a provoqué une dépressurisation de l'appareil, et que l'avion prenne du temps à se démonter en morceaux. De même, ça peut carrément être une grosse bombe qui a fait exploser tout l'avion, ce qui expliquerait que l'appareil n'a pas eu le temps d'envoyer un signal d'alerte.

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